LERE-NAMPALA : La route de tous les dangers.

«  Depuis quelques semaines, nous assistons à des attaques et braquages dans la région de Tombouctou, plus précisément entre Léré et Nampala ».

Des individus armés et non identifiés occupent l’axe Léré-Nampala. Ils opèrent sur motos, avec des armes de toutes sortes. Sur cet axe routier, impossible de passer sans être aperçu ou braqué par ces hommes qui dictent leur loi (la Charia). Pourtant, de nos jours, cette voie est la plus rapide pour les transporteurs pour regagner le reste du pays. Mais aussi est la moins sûre pour les voyageurs qui souhaitent arriver à Bamako dans les meilleures conditions. Les voyageurs s’inquiètent de la situation sécuritaire sur cet axe :

« Nous ne savons plus quelle route prendre avec cette situation qui prévaut ?Auparavant, il n’y avait pas de braquage sur cet axe et actuellement, il est pire que celui de Douentza » explique un voyageur. 

Malgré tout, les populations ne peuvent rester sans se déplacer vers d’autres horizons. D’où la nécessité de créer les conditions nécessaires pour garantir la mobilité des citoyens.

« Nous n’avons pas de choix, nous sommes obligés de voyager. Maintenant, c’est à l’Etat de jouer pleinement son rôle, sinon nous autres de Tombouctou serons complètement coupés du reste du pays », ajoute le voyageur.

Léré-Nampala, danger !

Dans la matinée du vendredi dernier, à la foire hebdomadaire de Léré, un gendarme a été poignardé et dépossédé de son arme par un individu armé non identifié, avant de prendre la fuite. Dans la semaine précédente, selon un habitant deux gendarmes ont été enlevés dans la même localité  par des inconnus. Le samedi, un véhicule personnel, à bord duquel 5 personnes, a été intercepté par des présumés djihadistes. Les passagers ont passé plus de 5 heures entre les mains de ces hommes lourdement armés, avant d’être relâchés contre leur silence. Cette situation n’épargne personne, même les pas les humanitaires :

« Ils nous ont emmené dans une forêt. Nous avons passé plusieurs heures entre leurs mains. C’était comme dans un film, on passait à l’interrogatoire un à un. Les questions étaient plus liées à nos identités ; fonctions et le motif de notre voyage. Ils ont fouillé nos téléphones puis nos bagages. Ils cherchaient des armes, des produits stupéfiants ou de la drogue dans vos bagages. Mais ils n’ont rien trouvé.. Quand ils nous ont relâché, ils ont demandé pardon et de ne rien dire à qui que cela soi », témoigne un passager, avant d’ajouter que ces hommes parlaient peulh, tamasheq, et bambara.

Encore sur le même axe, le lundi 16 décembre, le Directeur des eaux et forêts de Taoudénit a été kidnappé alors qu’il se rendait en mission.

Qui sont les cibles de ces hommes armés?

Les éléments des Forces armées de défense et de sécurité maliennes, ceux des forces étrangères, les organisations humanitaires financées par la France et les fonctionnaires sont les principales cibles de ces hommes. Présentement, les populations de Tombouctou vivent un véritable calvaire avec cette situation sécuritaire sur ces axes routiers. Et sur les autres voies (fluviale et aérienne), leurs prix de transport sont très élevés pour ces populations secouées économiquement par la crise.  Les autorités bandent leurs yeux face à cette situation chaotique or il faudrait vite réagir.

De: Mohamed Ag Alher Dida

 

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