Le Gourma, le parent pauvre de l’opération Alafia.

« Enlèvements de personnes ; vol de bétails, et assassinats ciblés sont devenus le quotidien des populations de la cité des éléphants, Rharous ».

 

La région de Tombouctou connait une quiétude acceptée de tous depuis quelques mois. C’est grâce à la dynamique de sécurisation des personnes et de leurs biens amorcée par la CMA et FAMa à travers l’opération Alafia. Si les populations s’estiment très heureuses de cette initiative, la zone du Gourma s’en jouit pas pleinement, contrairement à la partie orientale de la région. Dans certaines localités du cercle de Rharous, comme Gossi, Adiora ou encore Ouinerden, les populations vivent sous un autre climat d’insécurité, caractérisé par non seulement les enlèvements de personnes et de bétails, mais aussi et surtout par des assassinats ciblés. Cette situation sécuritaire se dégrade de jour en jour dans cette localité. Malgré les multiples plaintes des citoyens, la situation reste jusqu’à présent inchangeable. Pourtant, ces pauvres citoyens n’aspirent qu’à leur mobilité dans la quiétude. Aujourd’hui, Rharous est devenu le point perdu dans la région de Tombouctou à cause de la situation sécuritaire, en plus d’être la zone la plus enclavée de la région.

L’insécurité dans le Gourma n’épargne personne !

La recrudescence de l’insécurité dans le Gourma s’explique par la faible présence, voire l’absence de l’Etat dans certaines de ses localités. Le dispositif sécuritaire préétablit par les forces nationales ne couvre pas la totalité de la zone. Souvent, les axes routiers les plus fréquentés font l’objet d’attaques par des inconnus. Parmi ces axes nous pouvons citer Rharous-Gossi ; Gossi-Tombouctou ; Gossi-Ouinerden ; Gossi-Ebangmalène ; ou encore Gao-Gossi.  Les assaillants évoluent généralement sur des motos et après leur forfait disparaissent dans la nature.  Dans la nuit du dimanche 8 décembre à lundi 9 décembre dernier, un adjudant-chef, Check Ag Egeleze, de la gendarmerie nationale, a été froidement abattu par des hommes armés non identifiés avant de prendre la poudre d’escampette. Ce n’est pas la première fois qu’un élément des FAMa est assassiné dans de telles circonstances à Gossi.  Auparavant, dans la même localité, le samedi 07  décembre,  c’est le secrétaire général du conseil de cercle, Ibrahim Ag Mamma, qui a été enlevé à son domicile par des inconnus. Ces actes interviennent après plusieurs autres cas de vol des bétails par des hommes armés.

L’échec du dispositif sécuritaire dans cité des éléphants !

Rharous est situé à plus 100km de Tombouctou. Administrativement, il relève de la région de Tombouctou. Mais il est plus proche de la cité des Askia Gao.  Cependant, la sécurisation du Gourma relève de la compétence des éléments de la Force républicaine basée à Gao. De par le passé, les méharistes jouaient un rôle prépondérant dans le cadre de la sécurisation des personnes et des biens. À cette époque, la zone connaissait une accalmie appréciée de tous, avec leurs interventions rapides. Mais après la crise, le dispositif sécuritaire a connu une autre tournure inquiétante. En plus d’être une zone enclavée, le gourma est devenu une véritable zone dangereuse à travers des actes de banditisme et d’insécurité de toutes formes. Ces actes démontrent à suffisance que jusqu’à preuve du contraire, l’Etat est faible dans cette zone qui est presque sous le contre de l’Etat islamique au Grand Sahara. Malgré la construction d’un camp militaire qui vise à lutter contre le terrorisme, l’insécurité persiste dans le Gourma. 

De : Mohamed Ag Alher Dida.

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