Le canal de Kadhafi devenu un danger au fil des ans.

 « Le canal de Kadhafi a été creusé à Tombouctou dans l’espoir d’aider les femmes maraichères à améliorer leurs conditions de vie. Seulement voilà : aujourd’hui, son existence constitue un grand risque pour les populations ».

 

Le canal de Kadafi est situé à la périphérie du quartier Djingarey Ber, dans le secteur Alafia Bougou. Il a été inauguré en 2008 et creusé dans le but d’aider les femmes à mener facilement leurs activités maraichères quotidiennes afin de mieux se servir et servir la communauté. Une cinquantaine de femmes et d’hommes s’en servaient pendant près d’une année, sans risque. En outre, le canal permettait aux habitants du secteur de mener des activités génératrices de revenus. Hormis ces activités citées, ce canal servait de lieu d’apprentissage de leçon pour les élèves, de retrouvailles entre camarades de tous âges et de méditation souvent. Pendant la période de décrue, les jeunes utilisent l’espace du canal comme terrain de football. Mais hélas ! Le comble ne tarda pas à venir les années suivantes. Le canal devient dangereux et dégrade l’image de la cité mystérieuse. Dès la rentrée scolaire 2008-2009, le canal commença à faire des dégâts caractérisés par des noyades d’enfants et souvent même d’adultes en plus d’être utilisé par certains jeunes comme lieu idéal pour la consommation des stupéfiants et d’alcool.

Aujourd’hui, ce canal fait plus de mal qu’il ne sert les populations de Tombouctou. De 2009 à nos jours, chaque année, le canal fait un bilan d’au moins deux morts.

Une responsabilité partagée !

Face à cette situation qui ternit l’image de Tombouctou, les autorités n’ont pris aucune mesure de prévention ou d’interdiction de la fréquentation du lieu. Or, elles sont informées de tout ce qui se passe sur le terrain. Ce silence radio est une bombe à retardement car, les autorités ne jouent pas pleinement leur rôle,

estime un habitant du secteur. « Si les autorités ne réagissent pas, ce canal va tuer tous les enfants de la ville qui viennent s’y laver ou y faire la lessive», fulmine notre interlocuteur. Avant d’ajouter: « Quelques personnes de bonne volonté du secteur

font ce qu’elles peuvent pour arrêter ce fléau. Hélas! Les élèves qui viennent sur le lieu ne nous écoutent pas, car nous ne sommes pas leurs parents. On ne peut que leur parler ». La responsabilité des parents est mise en cause par les habitants du secteur car, les enfants de tous les quartiers de Tombouctou viennent au canal très souvent pour les activités contraires à nos mœurs et coutumes.

Les élèves abandonnent les cours au profit des retrouvailles au niveau du canal. Une inconscience s’abat sur ces enfants qui ignorent les dangers que leur fait courir cet endroit.

A qui la faute ? Tout porte à croire que les parents d’élèves sont les principaux accusés. Et Pour cause : ils ne savent plus ce que font les enfants, entre l’école et la maison, et ils les laissent à la merci de la délinquance (consommation des stupéfiants, débauche…). « Les parents sont les premiers à pouvoir freiner ce fléau. Malheureusement, c’est quand il y a perte en vie humaine que les parents tentent d’agir et après, aucun suivi de leur part», témoignage un notable de la ville. Pourtant, plusieurs séances de sensibilisation ont été faites sur les radios locales de la ville, comme sur les réseaux sociaux.

Mais jusqu’à présent aucune prise de conscience des parents d’élèves, encore moins des élèves directement concernés ni des autorités locales de Tombouctou n’est perceptible. Le dernier dégât remonte à la date du 10 novembre dernier, où un élève-maitre de l’IFM Hégire Tombouctou, répondant au nom d’Abdoulaye Koné, est décédé par noyade.

A ce jour, les populations, en occurrence les habitants de Djingarey Ber, attendent avec impatience les mesures qui seront prises par les autorités locales qui se noient dans un profond silence depuis plus près de 10 ans.

Mohamed Ag Alher Dida,

One thought on “Le canal de Kadhafi devenu un danger au fil des ans.

  1. Un canal ne peut jamais nuire sauf par faute d’usage approprié. Ce est et a toujours été preuve de développement pour la survie des populations locales et riveraines à travers les produits maraîchers toute l’année et les denrées venant des villages riverains

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